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L’Eglise de Westhouse, petite cathédrale de la Scheer

Eglise St Mathieu

L’ancienne église de Westhouse est tombée sous les pioches des démolisseurs le 4 mars 1895.

 

Comme nombre d’églises, elle était d’abord entourée par le cimetière, lui-même fortifié et ceint d’un large fossé (8 m de large), le Kirchgraben. Ce fossé fut remblayé entre 1848 et 1860.

 

L’église, elle-même a subi de nombreuses modifications au cours des siècles. Si le bas de sa tour datait du XIème siècle, la nef et le chœur ont subi des modifications (1720-1724) et la foudre est maintes fois tombée sur son clocher... à tel point qu’il fut envisagé de ne plus le réparer.

 

Pendant la révolution, Gabriel Albert descend la grande croix du clocher. Cet acte lui vaudra une gratification en 1794. Mais au sortir de la révolution, l’église est dans un " état ruineux " selon un état des églises du canton de l’an VII...
C’est sous l’impulsion de l’abbé Foessel, originaire de Meistratzheim, qu’est née notre église : l’église de Westhouse est trop petite pour une communauté de plus de 1200 habitants (on est en 1860 !). 

 

En 1878, le terrain pour le nouveau cimetière est acquis, le transfert de la première tombe se fait en octobre 1880. Il faudra encore 12 ans pour que le Conseil Municipal adopte le projet de construction d’une nouvelle église (4.12.1892). Les monuments historiques demandent tout de même la conservation de certaines pièces. Dès lors, tout va très vite : l’ancienne église est vidée de son mobilier, les cloches sont descendues, la destruction débute le 4 mars 1895 et le 12 mai 1895, les fondations de la nouvelle église sont coulées. Pendant ce temps, la messe est dite à la Mairie (Notdienst).

 

La première messe y est dite le 16 juillet 1896. L’évêque (Bischof) Marbach bénit la nouvelle église le 18 août 1897. Notre nouvelle église a été restaurée plusieurs fois : à l’intérieur en1965, à l’extérieur en 1995 afin d’être très belle pour son centenaire...

 

Marie-Anne Wieckowsky, institutrice à Westhouse et poète, a célébré dans un joli texte, paru dans un bulletin municipal en 1992, notre si belle église :
LA CATHEDRALE DE LA SCHEER
" Emerveille-toi et tu comprendras "
Il était une fois... l’HOMME, sa faim, sa soif, son désir de découvrir le sens caché des choses.

 

Aussi loin que nous puissions remonter le cours de notre mémoire archaïque, aussi loin que nous puissions consulter les traces laissées dans la pierre, il y a eu " les choses de la terre " et " les choses du ciel ". Il y a eu les mégalithes : pierres dressées vers le ciel et puis les cathédrales, grands doigts levés vers les étoiles. Pourquoi ?

 

Cette quête, cette recherche d’une architecture du " SACRE " ne seraient-elles pas le fil d’ARIANE qui relie le visible et l’invisible, le plan ciel et le plan idéal ?
Imaginez une seconde ce que serait une communauté sans un lieu de rassemblement. Chaque tribu avait, a encore, son lieu de culte, de fêtes, de recueillement, d’offrandes.

 

Ce lieu est un point vital, aussi précieux, aussi symbolique qu’un point d’eau.
Imaginez un instant ce que serait un village sans église ! Si modeste, si humble soit-elle, elle sera toujours plus vaste, plus haute que les maisons qui se serrent autour d’elle.

 

Peut-être, est-ce que ce furent toujours les mêmes convictions, les mêmes énergies qui ont animé les bâtisseurs au moment où ils ELEVAIENT une demeure différente des autres. Demeure vouée au DIVIN, à l’INDICIBLE, à la force rayonnante et bénéfique.

 

VOYAGEURS, si vous venez de STRASBOURG ou de SELESTAT, vous serez peut-être surpris de découvrir au -dessus de la plaine de la SCHEER, une flèche qui s’élance, altière. Un grand " doigt levé " vers le ciel, grand doigt légèrement nimbé de rosé par jour de grand beau temps.

 

C’est le clocher du village de WESTHOUSE. Une sorte de belle arrogante qui monte HAUT pour signaler de LOIN que ce village n’a pas l’intention de passer inaperçu.
Une église ne traduit-elle pas un peu l’âme d’un village ! Et cet être-là, on le sent solide, sûr de ses habitants, de ses demeures, de ses terres.

 

Si la curiosité vous pique d’approcher pour mieux voir la " belle dame ", n’hésitez pas à entrer dans le village, à venir sur la place et à vous planter sur le parvis.
Vous serez frappé par son air de " petite cathédrale de la SCHEER ". Laissez alors glisser le regard vers le HAUT. Il partira du magnifique portail central d’inspiration gothique, s’arrêtera sur la rosace finement ciselée, filera le long du clocher, de la flèche pour atteindre l’orgueilleux coq fraîchement repeint. Il redescendra doucement et surprendra les deux tourelles qui flanquent cette belle envolée comme pour mieux la protéger. Il saisira ensuite l’ensemble des lignes équilibrées qui couvrent la nef et les deux bas-côtés.

 

EQUILIBRE - HARMONIE - FINESSE - FIERTE. Voilà de quoi inspirer les heureux habitants dotés d’un tel édifice. Voilà de quoi les faire rêver. Voilà de quoi les relier dans leurs gestes les plus humbles, les plus quotidiens au mystère de l’INVISIBLE.
Marie-Anne WIEKOWSKY-GOERGER, 1992

 


Les polychromes de l’église Saint Matthieu : ici 
Les vitraux de l’église Saint Matthieu : ici
Le Chemin de croix : ici